Et maintenant, je suis ici :

mercredi 30 septembre 2009

Messages de prétendants indiens

Extraits, tels quels.

"Geall u r such a beauti girl i m waiting ur call"

"If i sit on d hOt seat Of sach ka samna whch ques. u want 2 ask..? U r free 2 ask anythng..snd 2 ur frnz 1 gt intrstn rply bt rply me frst.."

"Bonjnur mademoselle, comment cava. Je suis tres bien. Quest que vous arrivez srinagar. tu me manques tellement. je pense que vous etes special"

"Hi hw r u" (*25)


"I want u to my gud frnd"

"I really like yr eyes n yr smile n yr nature n yr voice n yr dancing plz call me back"

"U frget me. Sad coz for me forget u imposble"

"In this holy month of Ramazzan I pray to God to keep you always happy and smiling"

"Maybe u dt knw me I knw u. Dt u want to get to knw me ?"

De le crème solaire en Inde

Je ne vous apprends rien, le soleil tape parfois en Inde. Commence alors la chasse à la crème solaire pour protéger mon précieux épiderme.
La voici, la fameuse :

Mignonnette ! Mais sa taille, ses caractéristiques, et les consignes indiquées au dos nous en disent long sur l'Inde et ses principes : voyons ce que nous pouvons ici en tirer.

  • Bon, le principe est le même que partout : "double-action formulation that protects and nourishes (...), protection from harmful UVA and UVB".
  • MAIS, surprise, si l'on lit plus loin, on trouve ceci : "prevents skin darkening". AhAH ! Donc, le but principal n'est pas de ne pas ROUGIR mais de ne pas FONCER. Bah oui, faut pas être trop noir en Inde (ni trop blanc).
  • "Directions for use : apply liberally on exposed skin like face, neck and arms before going outdoors during the day". Remarquons la faible surface de peau supposée pouvoir être exposée. Remarquons aussi qu'il ne s'agit que d'aller "outdoors" et en aucun cas d'aller à la plage, à la piscine ou à un quelconque autre endroit de perdition d'inspiration occidentale.
  • D'ailleurs, on nous précise "Not water resistant", autant dire qu'on fait tout pour nous empêcher de quitter le droit chemin.
  • Et puis de toute façon... avec 50ml de crème solaire, on ne va pas très loin. C'est le plus gros tube que j'ai trouvé.
  • MAIS c'est Himalaya, une des meilleures marques *ayurvédiques* indiennes, alors ça rattrape tous les supposés vices précédemment cités.

dimanche 27 septembre 2009

Time to open our minds ?

Cette publicité passe en boucle sur toutes les TVs indiennes. Spéciale "kassdédi" à Adrien et, oui, décidément je suis toujours une fille à pédés ;-)


jeudi 24 septembre 2009

Green mehandi

Ce soir j'ai bu du thé trop infusé, j'ai dessiné au henné sur mes mains, j'ai rêvé de laisser glisser mon archet sur les cordes de mon violon, j'ai oublié de travailler, j'ai laissé mon esprit s'égarer là où il aime s'égarer souvent. Damned que ce thé est amer.





इंतज़ार

कोटा और बूंदी (Kota and Bûndî)

Bon, bah on a loupé le train pour Jaisalmer...

Dans toutes les gares je voyais partir les derniers trains
Personne ne pouvait plus partir car on ne délivrait plus de billets
et les soldats qui s'en allaient auraient bien voulu rester...

(merci Blaise Cendrars)


"Sorry Sir, is there availability for six people in tonight's Jaipur express ?
- No.
- Eww... Jodhpur ?
- No... (surprised look).
- For Varanasi maybe ?
- No... (tired look).
- Let's say Shimla ! You must find seats for us in Shimla express !
- No way. Waiting list (angry look)".


Pas évident de trouver un plan de rechange sachant que pour le moindre trajet en train en Inde il faut s'y prendre plusieurs jours à l'avance pour avoir de la place...


"Et si on allait à Bûndî ? C'est chou Bûndî, et personne y va !"


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Ce fut donc Bûndî en passant par Kota, tout ça au lieu de Jaisalmer. Au lieu du fin fond du Rajasthan, le fin dessus ; il a fallu renoncer à nos rêves de désert et de camel safari... Mais Kota est très chouette aussi. C'est une ville un peu industrielle à l'ambiance de façon générale assez peu intéressante, mais elle a un beau palais de l'époque rajpoute, un chouette lac, et elle est réputée pour ses saris brodés ! Vous devinez donc que j'ai investi dans mon tout premier sari, tout bleu tout joli tout seyant. Kota ç'a été aussi et surtout ma première rencontre avec mon Inde rêvée, pas l'Inde vécue, ressentie, explorée depuis que je suis arrivée ici. Non, l'image qu'on a quand on est loin et qu'on ne connaît que peu l'Inde, qu'on regarde Le livre de la jungle... Il y a à Kota un très vieil ensemble de temples perdu dans la jungle, qui ne figure même pas sur le Routard, mais dont l'ambiance est fascinante.

S'enfoncer dans la nature foisonnante, traverser des ruisseaux boueux pour atteindre les temples plus ou moins bien conservés dont les teintes oranges et rouges sont mises en valeur par le crépuscule, en prenant garde à ne pas déranger les ascètes qui se sont établis là... A part pour cet endroit, Kota n'est néanmoins pas un endroit où il est intéressant de s'attarder (en plus, on y a eu quelques mésaventures). Pour nous ç'a été surtout un lieu de passage pour Bûndî.

*

Bûndî, petite
bourgade à même pas une heure de bus de Kota (même pas le temps de commencer à penser à s'ennuyer !), qui se flatte d'avoir reçu en ses mignonnes guesthouses familiales le très fameux Rudyard Kipling et ses écrits indianisants. J'ai fort envie d'ailleurs, depuis ce voyage, d'y replonger mon nez. Notre petit nid pour quelques jours fut une mignonne guesthouse sur les bords d'un petit lac, au jardin envahi de singes. Visite d'un très vieux palais accroché à la colline au dessus de la ville bleue, et de l'ancien fort situé encore plus haut, lui aussi royaume incontesté des singes. Quelle vue depuis le palais, et quelles peintures magnifiques dans les nombreuses salles en enfilades !

Côté nature, il y eut aussi la virée en jeep jusqu'à un endroit déserté par les hommes sédentaires, avec un paysage presque de savane, creusé par des ruisseaux qui se rassemblaient en une cascade plongeant dans un canyon. Bel endroit s'il en est, où il était possible de se baigner dans le lac formé par les eaux de la cascade, mais sous le regard des Indiens apparemment habitués de l'endroit, donc, pour les filles, toutes habillées. Pas facile d'ailleurs de se préserver un espace loin des regards lubriques et intrusifs... "Very simple : this is the girls' corner, you're not allowed in".


Très beau voyage en tout cas, chaud et coloré, avec autant d'horizons dégagés que d'attroupements autour de nous ; tout est toujours dans le contraste ici !

Comme un air de déjà vu...

Traverser la moitié du globe et retrouver la même chose que dans les facs françaises ?

Pas un seul cours, personne en vue dans le campus à part les militants cherchant à rabattre tous les candides individus pensant avoir cours vers la manif. On fait grève pour avoir un health center équipé et efficace, ouvert 24*7, suite à la mort d'un étudiant et d'un prof invité sur le campus. Ca me rappelle mon expérience au health center, tiens... Les étudiants indiens m'ont demandé d'écrire une lettre à l'ambassade de France pour me plaindre de la situation, et de la faire signer à tous les étudiants français de JNU.


Enfin sinon cette grève tombe bien, je suis en retard dans mon travail. Et puis ,pour rentabiliser mon voyage en rickshaw âprement négocié jusqu'à la fac, j'en ai profité pour prendre un petit déj' à la school of international studies, sous les parasols bariolés. French toast aur lassi, sabse haim ! Jusqu'à être délogée par une équipe de télévision tournant un reportage sur la fin de la guerre civile au Sri Lanka pile là où j'avais établi mon havre de paix.

mercredi 23 septembre 2009

Traveler's secret quest

I've had recurring nightmares that I was loved for who I am
And missed the opportunity to be a better man

Muse, Hoodoo

Les yeux ne sont pas seulement le miroir de l'âme, ils la modèlent. Et parce qu'ils se ferment lorsque la nouveauté s'efface et que la curiosité se lasse, il faut partir. Loin, si possible. Pour ne pas garder un oeil fixé sur ce que l'on connaît déjà. L'avantage, c'est que moi je n'ai qu'un oeil qui fonctionne, alors j'ai plutôt intérêt à me concentrer sur le versant nouveau et déstabilisant, par exemple pour tenter quotidiennement de ne pas mourir écrasée au coeur de la folie de la circulation delhite (this is challenging enough).

Les yeux grands ouverts (ou l'oeil grand ouvert), j'avance, j'explore, je m'égare parfois, et je change. Tout est tellement intense dans cette Inde qui se dévoile que ses visages me hantent même les yeux grands fermés. On me verra toujours ici comme une étrangère, mais ce que les Indiens ne perçoivent pas, et qui fait la richesse de mon séjour, c'est qu'ils modèlent mon regard sur leur pays autant que mon regard sur moi-même. Peut-être aussi le regard des autres sur moi, après.

Je suis un funambule glissant sur un fil tendu entre mon pays d'origine et quelque île imaginaire perdue je ne sais où dans les limbes de l'à venir.
Mon ciel n'est jamais le même mais les constellations presque ironiquement toujours identiques me rappellent que mon univers est au moins limité par la sphère toute bleue qui flotte au milieu d'autres planètes.

Mais je veux la parcourir cette sphère et avancer et changer comme l'eau qui est tour à tour océan glacier pluie murmure et chant. Mes yeux et mon âme à la fois s'empliront de ce que j'ai vécu, en espérant que je devienne une meilleure personne. Et peut-être aussi que je comprenne ce que je fais debout sur cette sphère bleue.